Les 4 temps d’apprentissage

Comme je le disais dans l’article précédent sur la différenciation, il est difficile de la pratiquer au quotidien et je ne savais pas trop comment m’y prendre. C’est ainsi que je demandai à ma direction pour assister à une formation de la Focef. Nous nous sommes intéressés pendant plusieurs jours à la séquence d’apprentissage comme Philippe Meirieu (1989) la définit dans son livre (1) .

Nous considérons qu’une séquence d’apprentissage est un ensemble d’activités pédagogiques, pouvant s’étendre sur plusieurs heures de cours, ordonnées à un objectif défini. Une fois cet objectif explicité et annoncé, on peut concevoir la démarche en quatre temps. (Meirieu, 1989, p140)

Cette vision a révolutionné ma manière de préparer mes leçons! J’ai ainsi commencé à organiser mes nouveaux cours selon ces 4 temps: la découverte, l’intégration (ou l’entrainement pour mes élèves), l’évaluation (ou le brevet) et la remédiation afin de pratiquer de la différenciation successive et de la différenciation simultanée.

 

La découverte, c’est le moment où le professeur éveille l’intérêt et les élèves observent, réfléchissent seuls ou en groupes afin d’émerger la règle, la notion, la loi. Il est important de placer les élèves dans une situation complexe. Ce temps est marqué par une différenciation successive importante des outils et des situations.Le professeur garde la maîtrise de la classe. Et c’est important! C’est seulement après, dans la phase d’intégration, qu’il laissera place à un travail de coopération.

 

 

 

 

 

L’intégration, c’est le moment où le professeur « casse » le groupe classe afin de proposer aux élèves des itinéraires différenciés: des fiches d’entrainement individuels pour valider les ceintures de compétences, des exercices sur la plateforme numérique, des manipulations, des projets d’écriture divers, des recherches … Ce temps est marqué par une différenciation simultanée (tous les élèves font quelque chose de différent en même temps) guidée par un plan de travail qui respectera le rythme de travail de chacun ainsi que l’autonomie de l’élève.  Pour certains profs ou parents, c’est l’affolement! Ça bouge, ça parle, il y a des élèves autour d’une table qui s’entraident pour les mêmes entrainements, d’autres sont assis dans un coin du couloir pour manipuler des cubes, enfin des élèves sont assis tranquillement à leur place et avancent dans leur projet personnel. Si des classes avoisinantes sont libres, j’en profite pour créer des espaces de travail différents.

 

 

 

Vient ensuite le temps de l’évaluation qui prend plusieurs formes au sein de ma classe. Tout d’abord, j’utilise le dispositif des ceintures de compétences. Le brevet, j’aurais pu l’appeler le test, permet à l’élève de vérifier s’il maîtrise ou non la(s) compétence(s) visée(s).  Il s’agit donc d’une évaluation formative et positive! L’élève s’est entrainé avec les fichiers proposés en entrainement et décide de passer le brevet. Pour le réussir, il doit obtenir 80% de la note maximum. S’il le rate, il peut le recommencer autant de fois qu’il le veut (à condition de mettre en place des stratégies afin d’y travailler, bien sûr!). Ensuite, il y a les évaluations sommatives qui suivent d’autres séquences d’apprentissages ne figurant pas dans les ceintures de compétence. Les élèves réalisent également des évaluations certificatives en fin d’année. Chaque évaluation donnée (brevet ou évaluation) est conforme aux socles et aux épreuves externes certificatives du C.E.B. . Pour ma part (et ça ne regarde que moi!), j’apprécie les épreuves certificatives qui font tant d’histoires en juin chaque année et je vous invite à découvrir les pistes didactiques des évaluations externes non certificatives sur le site enseignement.be . C’est un trésor pour les profs!

 

 

 

La remédiation, c’est le temps où l’élève va pouvoir récapituler la notion non acquise, modifier ses représentations, acquérir la notion en changeant d’outils ou de support,… Dans ma classe, la remédiation se traduit par: de l’entraide avec un autre élève, de l’aide avec un élève « expert », de l’aide sur du long terme avec la mise en place d’un tutorat, de la remédiation avec un professeur ou une fiche. La remédiation prend sa place et toute sa dimension dans le travail coopératif pendant les heures de travail individuel. Il est donc important de bien placer ces heures dans son horaire pour avoir une aide extérieure d’un autre collègue. Par contre, pour moi, la remédiation ce n’est pas sortir un enfant de la classe pendant un cours pour qu’il puisse travailler avec un professeur. C’est stigmatisant pour lui et après l’avoir expérimenté pendant des mois, je n’y vois aucun intérêt! L’erreur doit avoir sa place dans la classe!
 

 

 

 

Concrètement, comment gérer ces 4 temps au quotidien?

La découverte est le temps qui ne vous perturbera pas, puisqu’elle est le temps du collectif que vous connaissez. Lorsqu’elle se termine, je l’annonce à mes élèves. Ils savent ainsi qu’ils vont devoir continuer à s’entrainer pour s’évaluer et remédier si une difficulté se présente. Ces 3 autres temps sont en réalité gérés par le plan de travail. Dans mon horaire, je place des heures dites de travail personnel où chacun travaille selon son plan de travail. Je vous invite à lire les articles sur le plan de travail et du travail personnel afin d’en savoir plus.
 

 

 

(1) Meirieu, P. (1989). L’école, mode d’emploi, des « méthodes actives » à la pédagogie différenciée. Paris: ESF Editions.

 

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