Les ceintures de compétences

L’article est mis à jour le 15 septembre 2016, à la suite d’une évolution du dispositif. Les modifications apportées sont en marron.

Bref historique

La pédagogie institutionnelle a été élaborée par Fernand Oury (1920-1998) et Raymond Fonvieille (1923-2000). Son but est d’établir, de créer, et de faire respecter des règles de vie dans l’école, par des institutions appropriées – à l’opposé des écoles casernes. Si l’enfant perçoit le lieu classe comme un endroit de repères, de sécurité, de vie, où l’on peut régler des questions, il va progressivement prendre en charge sa vie d’écolier. Il va garder ou retrouver le goût d’apprendre, à travers son engagement, ses initiatives…

Pour élaborer toutes les compétences, Oury s’est aussi inspiré de son expérience de judoka, partant du postulat de départ qu’une classe homogène n’existe pas. Les ceintures de niveau permettent aux enfants d’évaluer leur réussite dans tel ou tel domaine d’activité de la classe. Une ceinture élevée se doit d’aider un débutant, autrement dit, plus un enfant a une ceinture élevée, plus on peut être exigeant avec lui. Grâce au tableau des ceintures affichées en permanence dans la classe, les enfants savent toujours où ils en sont.

Source: wikipedia

Descendre une piste de ski…

Afin de comprendre pleinement le principe des ceintures de compétences, je prends l’exemple du ski alpin (contrairement à Oury, je ne pratique pas le judo mais j’adore skier). Une personne qui peut descendre une piste rouge est à même à descendre des pistes vertes (pistes faciles) et bleues (pistes moyennes) mais ne peut pas encore emprunter des pistes noires (pistes très difficiles). Cette personne doit encore s’y entrainer avant de tenter une descente qui fera appel aux différentes compétences maitrisées jusqu’à présent. Parallèlement à son propre entrainement, cette personne peut aussi aider d’autres personnes à utiliser les bâtons, skier en parallèles, descendre des pistes bleues (c’est-à-dire dans les compétences qu’elle-même maitrise déjà), …

En classe, c’est la même chose! Pourquoi attribuer à l’élève une moyenne générale ou lui proposer une année complémentaire s’il a rencontré des difficultés dans une notion? Ne vaut-il mieux pas le rendre « expert » dans ce qu’il sait et l’aider dans ce qu’il ne sait pas avec l’aide d’un autre expert? Sur la piste rouge, vous avez bien entrainé un ami qui ne l’avais jamais descendue, non?

Les compétences tout au long du cycle

Je propose donc à mes élèves le même principe mais dans les compétences. Elles proviennent du Socle des Compétences, le programme référent en Fédération Wallonie Bruxelles. Je n’ai donc rien inventé.

L’élève doit valider chaque compétence avant de passer à la ceinture supérieure. Il existe 6 niveaux différents (comme au judo): l’élève qui arrive en 5e année commence à la ceinture blanche. Puis il progresse de la jaune à la noire tout au long du cycle. Le découpage se veut chronologique (plus ou moins les 3 premières ceintures en 5e année, les 3 suivantes en 6e année) mais également complexifié (les notions de la ceinture précédente sont à maitriser pour valider la ceinture suivante).

Il est évident que le parcours de chaque enfant se doit d’être individualisé et différencié, guidé par l’enseignant lui-même avec l’aide d’un plan de travail et de plusieurs grilles d’observation. Ainsi, certains seront à la ceinture verte en fin de 5e année, tandis que d’autres, plus rapides, seront à la bleue. L’objectif étant d’atteindre « le socle des compétences » pour la fin de 6e année afin de passer les épreuves certificatives du C.E.B. .

Le carnet des ceintures

Les élèves reçoivent en début du cycle le carnet des ceintures qui contient l’explication sur les ceintures et des grilles de compétences« . Il y en a dans plusieurs domaines proposés par les Socles. En voici un exemple en « Grandeurs » et en « Phrase et Mot ».

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On y trouve:

  • l’intitulé des compétences en haut
  • les compétences spécifiques à valider par ceinture
  • le résultat d’une éventuelle évaluation diagnostique (dans le cercle)
  • les entrainements à réaliser par compétence (E1, E2, …) – en gras: les entrainements que le prof conseille de faire 
  • les modalités de l’obtention du brevet

 

Concrètementgrandeurzoom

Le professeur commence cette semaine un nouveau cours sur « les amplitudes » (ceinture orange). Pour cela, il donne cours à toute sa classe, c’est le temps de la découverte: les élèves commencent par un défi ou une situation mobilisatrice. Puis suivent de la manipulation, des explications au tableau et quelques exercices avec tous les élèves.

Ensuite, les élèves peuvent s’entrainer sur les amplitudes (ou sur une autre notion) en prenant une ou plusieurs fiche(s) auto-corrective(s). C’est le temps de l’intégration (ou « l’entrainement » pour les enfants) qui est géré par le plan de travail. Je propose généralement au moins une heure de travail personnel en plan de travail par jour.

Quand l’élève se sent prêt, après s’être entrainé ou non, il peut demander à valider la notion en passant un brevet. Dans cet exemple, il essayera de réussir le brevet sur les amplitudes. C’est le temps de l’évaluation.  Pour obtenir la ceinture orange, il faudra ensuite réussir les brevets sur les masses,  le périmètre, les amplitudes, les fractions et la proportionnalité. Dans d’autres ceintures, le brevet reprend toutes les notions de la ligne. Comme en « Solides et Figures » où tout est étroitement mêlés (les droites remarquables ne sont pas à dissocier des triangles 😉 ).

Si un brevet n’est pas réussi, il devient alors une évaluation diagnostique et permet à l’élève de cibler exactement ses difficultés. Il sera alors accompagné par le professeur ou par un autre élève en remédiation. L’élève essayera à nouveau de valider la notion avec un 2e, voire un 3e brevet.

Le brevet

Un brevet propose donc à l’élève de valider les compétences de la ceinture au travers de situations globales et inspirées des épreuves externes. Le seuil de réussite est très élevé car l’élève valide ou non la compétence. (pas question de oui, non mais quand même, allez hop on lui met du vert entouré d’orange 😉 ).  Le brevet est à préparer également à la maison si des notions théoriques sont à maîtriser (comme par exemple des définitions).

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Si l’élève valide la ceinture, j’indiquerai son score dans le bulletin (car je dois me conformer à mon école, même si les ceintures sont une évaluation formative) et l’élève coloriera la ceinture adéquate dans son carnet de ceintures et placera une gommette orange sur le tableau « je grandis » de la classe.

Au niveau des programmes

Nos programmes belges favorisent la construction du savoir.

L’école favorise un processus d’apprentissage dans lequel l’enfant est acteur, et non spectateur. Il est placé en situation où il doit se mettre en recherche en recourant à ce qu’il sait déjà, à ce qu’il sait faire mais aussi aux savoirs des autres. Il avance par tâtonnements. L’erreur est permise. (…) L’enseignant a pour tâche de proposer, au départ, des situations-problèmes qui interpellent l’intérêt et la curiosité de l’enfant, et qui le contrent sur les compétences et les connaissances à construire. (…) L’enseignant veille aussi à organiser l’aspect interactif de ces apprentissages. Il incite chaque enfant à partager, avec les autres, le chemin qu’il a suivi, les problèmes rencontrés et les solutions trouvées. L’enseignant prépare les informations et les supports dont l’enfant pourrait avoir besoin pour dépasser l’obstacle rencontré. Il les propose adéquatement en fonction du cheminement de chacun.

 Programme Intégré Adapté aux Socles de Compétences, Projet éducatif et pédagogique, page 5

 

Pour aller plus loin

index

Je ne pouvais terminer cet article sans mentionner le livre de Sylvain Connac et Pidapi qui m’ont permis d’avancer dans la construction des ceintures. Merci!

Si vous souhaitez installer les ceintures dans vos classes, je vous suggère la lecture du livre qui vous explique la philosophie derrière les ceintures et le plan de travail, et ce, de manière très concrète.

Car c’est bien la coopération qui est mise en avant, pas les fiches 😉

Et le tout dans cette vidéo (juin 2015):

 

ou celle-ci plus récente (novembre 2015):

Les fiches d’entrainement à télécharger

Je dispose d’un site wordress pour ma classe et je propose à mes élèves les fiches d’entrainement à télécharger en cliquant sur la ceinture adéquate. Ainsi, ils peuvent continuer à s’entrainer à la maison (en sachant que tout est à disposition en classe!). Bref, c’est surtout pour « revoir » avant de passer un brevet. Les élèves adorent!

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Comment faire?

Tout d’abord, j’ai créé une image de chaque ceinture: l’image définissant les compétences de la ceinture jaune de grandeur, l’image de la ceinture orange, … bref les différents rectangles que je place les uns à la suite des autres sur le site.

Ensuite, je dépose toutes mes fiches d’entrainement en version PDF sur mon drive que je subdivise selon les ceintures.

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Enfin, je lie chaque dossier à l’image correspondante. Et voilà

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N.B. Généralement, je « n’ouvre » que les fiches des ceintures actuelles.

A vous!

Les métiers

Dans la classe coopérative, chaque élève exerce un métier qui est, selon moi, bien plus important (et valorisant) qu’une simple charge. En effet, il faut apprendre son métier!

Si vous lisez ces quelques lignes, c’est que vous êtes probablement enseignant (sinon, je ne vois pas trop l’intérêt 😉 ) et vous avez (je l’espère!) fait des études pour enseigner. Il en va de même pour le métier de l’élève: il s’apprend! Et pour apprendre, il faut du temps. Ainsi, l’élève qui décide d’exercer un métier de classe s’y essaye pendant quelques mois.

Dans certaines classes coopératives, le métier, c’est pour l’année. De mon côté, j’essaye quand même de faire une tournante chaque trimestre parce qu’il n’y a rien à faire: d’abord, un ennui s’installe après quelques mois et ensuite, il y a des métiers plus « sympas » (dixit mes élèves) que d’autres. Ainsi, le prédécesseur peut prendre sous son aile pendant quelques jours un « apprenti ». Et hop, on travail par pairs ici aussi!

Enfin, ce sont les élèves qui proposent les métiers en conseil de coopération. Si nous n’en avons pas besoin, quel est l’intérêt? Néanmoins, chaque année, les mêmes métiers reviennent. Et j’ai profité de mes vacances pour créer des petits logos à coller (avec une gomme multi fix) à côté de la photo de l’élève correspondant au mur.

Nos rituels journaliers ne peuvent fonctionner que si chacun exerce correctement son métier. Le président « ouvre » la journée, le secrétaire note les élèves absents, le journaliste nous lit les dernières infos, le maître des devoirs rappelle ce que nous devions faire,…

Vous pouvez les télécharger en cliquant sur les logos.

Capture d’écran 2016-08-11 à 15.18.52 Read more

Dicobalises

Si vous pratiquez la twictée, vous avez certainement entendu parler du dicobalises, cet outil qui présente les différentes balises (#AccordGN, #homophone, #ponctuation…) à utiliser pour repérer et justifier une erreur. J’avais besoin de créer le mien, en associant les balises à notre méthode de relecture orthographique.

Dans ma classe, nous utilisons l’Ecrire et s’autocorriger des Editions l‘Artichaut (que l’on peut trouver chez Erasme, par exemple).  Ce « triptyque » propose plusieurs volets colorés: en rose la ponctuation et la syntaxe, en vert le genre, en jaune le nombre, en bleu la conjugaison et en orange les homophones (que j’élargis à l’orthographe d’usage).  Ainsi, les élèves colorient les mots, les accords, les terminaisons,… dans la couleur appropriée pour une relecture efficace.

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Désormais, si un élève ou un groupe d’élèves rencontre des difficultés pour repérer l’erreur ou pour justifier la correction, je donnerai une carte présentant la balise à utiliser pour l’écriture du twoutil.

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Vous trouverez les cartes à plastifier par ici. Bonne correction orthographique!

Le plan de travail pour la rentrée 2016

Voici la nouvelle mouture du plan de travail que je proposerai pour cette rentrée. Elle répond aux critiques (positives et constructives, hein!) de mes anciens élèves.

pdt_leprof(cliquez sur le PdT pour le télécharger en PDF)

  • La partie « entrainement » est désormais plus importante pour permettre d’y indiquer plus de fiches pour la période (toujours 2 semaines). L’élève indique la matière dans la 1ère colonne (par exemple: grandeurs), puis  la compétence dans la seconde (par ex: comparer et mesurer des longueurs). Enfin, à l’aide des abréviations E1 – E2 – E3 – … il indique la ou les fiche(s) à réaliser.
  • En-dessous, j’avais envie d’éviter les autobilans de la semaine qui se résumaient trop souvent à « je me sens bien car j’ai bien travaillé » ou alors « je dois faire des efforts car j’ai pas fait suffisamment de fiches« . Aussi, j’ai ajouté les parties « je dois m’améliorer » – « j’ai aimé » et enfin l’autobilan du travail par coloriage d’un smiley.
  • La partie « remédiation » est plus compacte. Il était inutile d’avoir autant de place! Il suffit d’y écrire l’intitulé exact et la lettre correspondante à la façon d’être « aidé ». R pour une remédiation avec une fiche, A pour une aide d’un prof ou d’un élève expert, T pour travailler avec son tuteur (au préalablement choisi) et E pour étudier! Oui, parfois (heu… souvent?), c’est pas parce que l’élève ne comprend pas, mais parce qu’il n’a pas « étudié »!
  • La partie « évaluation » permet de planifier les évaluations à préparer à la maison, tant les brevets (les évaluations des ceintures) que les évaluations quotidiennes. Le PdT est ainsi un complément à notre journal de classe.
  • Nouveauté pour cette rentrée: la « vie de classe » qui permettra d’ajouter ce que réalise les élèves: des rituels tels que le « Quoi de 9 ? », le « texte libre », le « toilettage des textes » ou encore des recherches documentaires…
  • Je termine le PdT par la partie « comportement« . L’élève y indique la ceinture actuelle. Quand il reçoit une gêne, il (ou le prof) coche une case. Pour demander à passer la ceinture suivante, en plus de respecter les compétences de la dite ceinture, il faut avoir un nombre minimum de gênes sur la période en cours.

 

La Twictée dans ma classe

Dans le monde de l’éducation, on commence à entendre parler de la Twictée. Pour certains, il s’agit d’une mode et pour d’autres, d’un moyen pour utiliser les tablettes en classe. Même s’il y a un peu des deux, la Twictée, c’est bien plus que ça! Après une année à l’expérimenter, j’en suis convaincu: le dispositif dédramatise la dictée à l’école et permet aux élèves de donner véritablement du sens à la relecture orthographique.

Qu’est-ce que c’est?

La Twictée (avec une majuscule puisqu’il s’agit du dispositif déposé), c’est un « dispositif collaboratif d’enseignement et d’apprentissage de l’orthographe utilisant principalement Twitter. »(1) Beaucoup d’articles la présentent. Je vais me contenter d’expliquer son fonctionnement dans ma classe.

Le fonctionnement dans ma classe

Tout d’abord, il est impératif de se créer deux comptes twitter: le premier, personnel, permettra de prendre contact avec les autres professeurs. Il est important aussi de suivre le compte de @TwictéeOfficiel qui nous renseigne les dates importantes, les infos, les cartographies, … Le second est le compte de la classe qui n’est utilisé que lors d’activités de classe. Ainsi, les élèves ne peuvent y accéder à la maison et seul le prof dispose du mot de passe. Voilà déjà un excellent moyen pour éduquer nos élèves aux réseaux sociaux! Nous établissons par exemple ensemble une charte d’utilisation.

Ensuite, l’enseignant se rend sur le site www.twictee.org afin de compléter plusieurs documents. Le premier nous renseigne pour l’année. Il n’est à compléter qu’une seule fois. Les organisateurs, appelés « les plombiers« , nous désignent une « team » afin de correspondre avec des enfants du même âge. Sur l’année, plusieurs twictées sont proposées. Ainsi, il faudra indiquer sa participation à chaque phase de préparation. S’en suit une collaboration entre les profs de la team afin de valider une phrase de 140 caractères et y injecter les notions que l’on souhaite aborder. Tout se fait via un espace de travail collaboratif en ligne, tels que Google Doc ou One note.

De retour à l’école, les élèves sont informés qu’une Twictée commence par des affiches présentant le thème et les classes qui échangeront avec la nôtre. Une cartographie permettra à mes élèves de situer ces classes. L’occasion est donnée pour un petit cours de géographie ou des recherches supplémentaires. La Twictée, c’est aussi créer des liens entre les cours, échanger, communiquer avec des classes francophones du monde entier. L’écrit prend donc bien tout son sens!

Je commence par dicter la phrase afin que chaque élève la retranscrive de manière individuelle. IMG_2814Puis, les élèves en groupes doivent se mettre d’accord sur son orthographe en essayant d’utiliser le moins possible les outils de références. La phrase négociée sera écrite sur l’espace de travail en ligne. Ce document est privé et permet au professeur d’une autre classe (appelée alors ma classe miroir) de prendre mes 8 phrases négociées afin de les corriger. Je vais en faire de même avec une autre classe (appelée alors ma classe scribe). Le texte est ensuite corrigé collectivement et nous anticipons les erreurs de notre classe scribe.

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Quelques jours plus tard, nous entamons la phase la plus riche du dispositif: l’écriture des twoutils. Il faut compter au minimum 2 à 3 périodes. Le twoutil, c’est un message sur twitter de 140 caractères qui explique au groupe de la classe scribe les erreurs à corriger. Chaque erreur est catégorisée en balises, classées en 3 grandes familles: l’orthographe d’usage, l’orthographe grammaticale et la structure. Ainsi, nous aurons le plus souvent à placer la balise #AccordSV pour indiquer un accord manquant entre le sujet et le verbe ou encore #AccordGN pour les accord (Horreur! Une faute…) du groupe nominal.

« accords » s’écrit avec un -s car le déterminant « les » lui donne son accord pluriel. #AccordGN

Ce jeu des balises permet véritablement à mes élèves d’être efficaces dans la justification de la correction. Lors de notre première Twictée, mes élèves manquaient de précision (alors qu’ils étaient habitués à la traditionnelle dictée depuis 5 ans!) et indiquaient simplement: « Le verbe s’accorde avec le sujet ». Aujourd’hui, ils indiquent de quel verbe il s’agit et précisent le sujet. Il en va de même pour l’étymologie des mots (#Etymo): nous recherchons tous ensemble d’où provient le mot et pourquoi il a cette orthographe d’usage. Vous l’aurez compris: même le prof apprend!

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Je suis persuadé qu’en me lisant, vous allez vous dire que vous faites déjà tout cela en classe. Je le faisais aussi! Mais les élèves ne donnaient pas de sens à leur correction et se contentaient bien souvent d’écrire une règle sans la comprendre. La distinction de l’orthographe d’usage ou grammaticale restait floue. Il n’y avait aucun transfert effectué dans une autre séquence d’orthographe. La Twictée a changé tout cela! Après notre première expérience, j’ai très vite été surpris d’entendre mes élèves utiliser les balises dans d’autres contextes ou être plus précis dans leurs justifications.

Rédaction de twoutils

J’ai commencé tout simplement: mon groupe 1 corrige le texte du groupe 1 de notre classe scribe et écrit autant de twoutils qu’il y a d’erreurs. Les élèves passent donc par la phase de repérage des erreurs, du choix de la balise à employer et de la rédaction d’un twoutil par erreur. Cette manière me convient parce qu’elle implique chaque élève mais elle n’est pas équitable car certains groupes n’auront que 2 ou 3 twoutils à écrire, tandis que d’autres devront en écrire une dizaine. Le professeur sera aussi beaucoup plus sollicité. Chaque élève écrit d’abord le twoutil sur sa feuille de cours, puis, à tour de rôle, un élève le retranscrit sur la tablette. A chaque fois, le professeur valide ou non l’envoi du twoutil.

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L’autre méthode consiste à relever collectivement toutes les erreurs au tableau des 8 textes envoyés, puis de les distribuer à mes 8 groupes. On peut même envisager de les collecter par balise. Ainsi, par exemple, le groupe 1 compose tous les twoutils relatifs aux accords dans le groupe nominal (#AccordGN) tandis que le groupe 2 rédige les twoutils relatifs aux homophones (#Homophone). Cette méthode est généralement appliquée quand je repère, au préalable, beaucoup d’erreurs. Il est évident qu’il est impératif pour le professeur d’anticiper toutes les erreurs au préalable afin d’aiguiller les élèves le plus précisément possible.

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Il ne faut pas voir la Twictée comme une simple dictée sur twitter ou un effet de mode

 Non, comme je le disais, c’est bien plus que ça! Le dispositif, créé par Fabien Hobart avec l’aide de Régis Forgione et de Bruno Mallet, est une vraie richesse, tant au niveau orthographique que sur le plan humain. Alors que nous naviguons sur les réseaux sociaux qui sont tant décriés pour amoindrir nos relations, il est question avant tout d’échanger et de correspondre! Ainsi, tout au long de cette première année, ma classe – @cestla56 – a pu correspondre avec des élèves francophones du Canada, de France ou encore de Belgique. De ces échanges ont germé d’autres projets tels que la semaine de la Francophonie (merci à @Paola__edu et @lonnyJ ), la phrase du jour (merci à @classevinciane1 ), l’envoi de dessins symétriques (@cm2A_calgary) ) ou tout simplement les échanges avec les autres twittclasses!

Vous pouvez également lire l’article auquel j’ai contribué en mars 2016 et qui devait paraître en avril 2016 dans Slow Classes, le magazine « pour les parents, les enseignants et tous ceux qui veulent apprendre autrement ». twictée-234x300

(1) http://www.twictee.org/glossaire/

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