J’ai inversé ma classe!

Depuis quelques mois, j’entends parler de la classe inversée sur les réseaux sociaux. Étant un très grand curieux, je me suis mis à la lecture de plusieurs articles, j’ai visionné quelques conférences et surtout, je me suis mis à suivre ces cours en ligne qu’on appelle Mooc. Et aujourd’hui, j’ai franchi le pas!  Il fallait que j’en parle.

Concrètement, j’ai demandé à mes élèves (11-12 ans) de visionner à la maison une courte capsule vidéo sur le passé composé, puis de compléter un questionnaire.

capsule

J’ai réalisé la vidéo à l’aide de l’application video scribe pour Ipad et j’ai conçu le questionnaire avec google form. Le lendemain, j’ai analysé les réponses des élèves pour les répartir en 8 groupes hétérogènes. La première tâche consistait à réaliser et à présenter une carte mentale reprenant les notions du passé composé.

IMG_3448

IMG_3451

Une seconde tâche a suivi presque naturellement: les élèves ont du répertorier les terminaisons des participes passés sous la forme d’un mandala (je ne parle pas encore des accords du participe passé). Une troisième tâche sera proposée par la suite et leur demandera de produire un court texte au passé composé pour le blog de notre classe.

IMG_3470

IMG_3471

Je retire de cette activité plusieurs éléments positifs:

  • L’investissement des élèves. Chacun contribue et coopère afin de répondre aux mieux aux exigences de la tâche. Chacun apporte sa pierre à l’édifice. Un bourdonnement continu reflétait une discussion riche et constructive. Mes élèves sont bien plus actifs dans ce genre d’activité que lorsque le prof parle pendant d’interminables minutes (heures?) et je suis sûr (mais il me reste à le prouver) qu’ils auront retenu bien plus!
  • Ce n’est pas la capsule qui fait l’inversion mais bien notre posture. Le professeur ne transmet plus seulement les notions mais il est là pour guider et accompagner les élèves à comprendre, reformuler et lier les savoirs entre eux.
  • Les « savoir faire » et les « savoir être » prennent une place importante. Nous apprenons à créer des cartes mentales (des cartes heuristiques ou mindmapping), à organiser le contenu, à verbaliser, à se remémorer, à prendre sa place dans le groupe, à parler devant les autres, à structurer ses idées, …
  • Le temps « gagné » à ne pas expliquer la nouvelle notion. Elle est abordée dans la capsule et les élèves peuvent la visionner en classe sur l’ordinateur ou la tablette. Le professeur est donc disponible auprès de ses élèves. Nous sommes dans du concret.
  • La motivation à travailler des notions généralement plus rébarbatives avec des enfants de cet âge.

Alors, vais-je continuer à inverser ma classe?

Certainement! Mais entendons-nous bien. Je ne vois pas la classe inversée comme une révolution. Il me semble que c’est un évolution naturelle de nos pratiques. Elle reste une activité parmi tant d’autres que nous exerçons déjà pour mettre nos élèves au coeur de leur apprentissage. Il est important pour un professeur de ne pas se contenter d’un manuel scolaire, d’une méthode ou d’une pédagogie. Il faut en proposer une multitude en fonction de ses envies, du contenu et de son public cible.

L’effervescence autour de la classe inversée permet de réfléchir à l’évolution de notre enseignement, de l’utilisation du multimédia (des TICES) dans nos pratiques et de notre posture de professeur. Doit-on continuer à « transmettre » les matières comme nos collègues le font depuis des années? Et si on inversait la tendance?

Clise 2016 logo belgiqueMoyenJe vous donne rendez-vous à la « semaine de la classe inversée » (CLISE) 2016. Suivez ce lien pour vous y inscrire. Voici la page facebook pour la Belgique.

 

Mais je parle aussi de...

One thought on “J’ai inversé ma classe!

  1. Vinciane

    novembre 10, 2015 at 7:32

    Super article, comme DAB, j’hésite à faire mes questionnaires sur Google forms mais je n’y connais rien à ce truc ou sur challenge u …
    Prochaine étape, inverser les collègues 😉

    Ps: l’asterisque de l’adresse mail obligatoire n’est pas visible

    • Author

      Yves

      novembre 10, 2015 at 7:41

      Google forms est assez intuitif. Il faut un peu chipoter. N’hésite pas si tu as des questions. Je ne compte pas proposer énormément sur ce type de questionnaire utilisant déjà la plateforme numérique Wazzou 🙂

  2. Craie Hâtive

    décembre 2, 2015 at 1:01

    Très intéressant ce retour d’expérience. Merci.
    Wahou, je suis impressionnée par la qualité des cartes mentales de tes élèves.

    • Author

      Yves

      décembre 2, 2015 at 6:21

      De rien! Effectivement, je constate des petites merveilles dans les cartes mentales de mes élèves. Mais attention, il faut savoir que je les utilise depuis l’an dernier avec eux (nous fonctionnons en cycle) et que nous apprenons à les construire. Ils sont donc déjà habitués. Ils peuvent également suivre des cours parascolaires. Ça aide évidemment 😉

Your email will not be published. Name and Email fields are required