Contexte

Après une petite quinzaine d’années dans l’enseignement, et probablement avec les remises en questions liées à l’approche de mes 40 ans, il me fallait un changement dans mes pratiques. Je ne pouvais plus enseigner comme avant. Ça ne marchait plus! Je ne comprenais plus mes élèves et inversement.

Les nouveaux élèves

Il existe toujours des élèves studieux, attentifs, qui font leurs devoirs et apprennent leurs leçons. Mais ils sont assez rares. Ceux-ci sont adaptés à l’école telle qu’elle est. A côté d’eux, apparait une nouvelle catégorie d’élèves, ce sont ceux que nous appelons les « nouveaux élèves ». Ils sont maintenant majoritaires et donnent souvent la couleur d’une classe. Ils ne sont pas violents ou même insolents mais ont seulement une attention sporadique; ils ont besoin de bouger, de parler. Quand le professeur s’adresse à la classe, ils écoutent tout en restant entre eux. Le bruit est leur environnement sonore habituel. (…)

Plutôt gentils, ils ont le sens de l’humour, mais ne comprennent pas que le « prof pique une crise pour obtenir le silence et les mettre au travail. » Ils ne voient pas où est le problème. ils fonctionnent à l’affectif. Ils ont besoin qu’on les écoute, qu’on soit près d’eux, qu’on soit vrai. Ils détestent la démagogie. Ils ont un sens aigu de la justice de l’équité. (…) Ils savent beaucoup de choses, mais bien souvent de façon éparse et sans être en mesure de relier leur connaissance entre elles. Qu’une difficulté se présente, et peu d’entre eux vont passer du temps à tenter de la surmonter, surtout s’ils sont seuls. Ils vont abandonner et passer à autre chose. Ils ne savent pas comment chercher. (…)

On peut rêver qu’ils soient autrement, les contraindre à changer pour qu’ils deviennent les élèves studieux, attentifs… adaptés aux méthodes d’enseignement qui ont fait leurs preuves dans un autre contexte. On peut rêver.

TAURISSON, C. HERVIOU; Pédagogie de l’activité: pour une nouvelle classe inversée

C’est cette nouvelle génération d’élèves que nous avons dans nos classes. C’est ainsi que nous avons le devoir de revoir notre position d’enseignant afin de leur apporter les outils nécessaires pour apprendre à apprendre, chercher, comprendre, créer des liens, synthétiser, …

La transmission du savoir

Enseigner… c’est mettre à disposition de l’apprenant des occasions d’apprendre. Marcel Lebrun

Aujourd’hui, internet est partout.  On peut y accéder depuis notre ordinateur du bureau mais aussi depuis nos smartphones et autres tablettes. Et plus on y accède facilement, plus on y recherche des informations diverses. Il en va de même pour nos élèves (s’ils y ont accès, bien entendu!).

Aussi, notre métier doit changer. Nous ne sommes plus là pour simplement transmettre ces informations, ces matières, ces savoirs.  Wikipédia s’en charge (parfois) très bien! Nous sommes désormais dans l’obligation de mettre à disposition des situations d’apprentissage qu’ils pourront  comprendre, solliciter et mettre en lien.

Les pédagogies actives

Dans les écoles et sur les réseaux sociaux, on entend de plus en plus parler de ces pédagogies actives. Actives car elles rendent l’apprenant « acteur de son apprentissage » (phrase que j’entendais déjà à l’école normale en 1995…). Pour ma part, je me suis plongé dans la coopération grâce aux livres de Sylvain Connac.

Une « pédagogie coopérative » est un terme générique regroupant plusieurs pédagogies, dont bien entendu la pédagogie Freinet, mais aussi les pédagogies institutionnelles, la pédagogie de la structure et de la communication, en sommes, toutes les pédagogies qui font de l’entraide entre enfants des sources importantes d’apprentissages. SYLVAIN CONNAC, Apprendre avec les pédagogies coopératives, démarches et outils pour l’école, ed. ESF

Mais je parle aussi de...

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