Les ceintures de compétences – version 3.0. rentrée 2018

Cela fait 4 ans que je pratique les ceintures de compétences au cycle III (belge). Et depuis quelques mois, j’avais envie de me lancer dans une refonte complète.

Mais pourquoi ?

D’abord, j’avais inséré dans la précédente version trop de matières : je voulais que (presque) tout le programme s’y retrouve. Les élèves étaient alors tout le temps occupés à réaliser des fiches (nombreuses!) et des évaluations. Ils n’avaient donc plus le temps pour réaliser d’autres activités facultatives. Il était donc temps d’élaguer le tout! Ensuite, j’ai eu envie de cibler daavantage les compétences. Mes précédents tableaux (lire l’article sur les ceintures de compétences) présentaient les matières, mais beaucoup d’élèves me demandaient ce qu’ils devaient faire exactement comme fiche.s. Parfois, j’avais plus de 5 fiches pour une seule matière. Devaient-ils toutes les faire? Malgré l’apparition du diagnostic dans ma version 2, les élèves étaient encore perdus. Enfin, troisième raison non moins importante, les élèves avaient du mal à comprendre au niveau visuel les tableaux. L’un d’entre eux avait même réalisé les tableaux sous la forme de listes. C’est pourquoi je modifie la présentation et je me calque désormais sur la présentation de Pipadi.

Le carnet des ceintures

Mon nouveau carnet présentent donc les ceintures sous une nouvelle forme. Voici deux exemples.

La ceinture blanche équivaut aux compétences de fin de P4 selon les nouveaux programmes du Segec. Chaque notion grisée se décline en plusieurs compétences provenant du même programme. J’ai opté pour ne pas tout y mettre. Les colonnes permettent aux élèves de cocher ce qui est réalisé et validé. Mais avant d’en parler, je dois revenir sur les 4 temps…

Les 4 temps

Je me base toujours sur les 4 temps d’une séquence différenciée de Philippe Meirieu que j’incorpore dans la boucle éducative présentée, entre autres, dans le livre de Sylvain Connac1.

Ainsi, je commence par le temps de la découverte : mes élèves découvrent la nouvelle notion par un défi, une tâche complexe, une lecture, … en collectif, en travail en groupe ou encore individuellement. Je termine ce temps par des exercices communs à tous. C’est important de le souligner, car souvent, on pense qu’il n’y en a pas.

Il est ensuite temps pour les élèves d’étudier cette nouvelle notion individuellement. Cela se fait le plus souvent à la maison, sous la forme d’une leçon ou plusieurs leçons. Dans ma classe, je travaille avec un cahier d’apprentissage. Cela me permet de vérifier si une leçon est apprise ou non. Quand l’élève a étudié, il cherche un diagnostic qui lui permettra de valider ou non la compétence ciblée.

Le diagnostic reprend toutes les compétences à valider sur la notion. Prenons l’exemple de la ceinture blanche en grandeurs. Il n’y a qu’une seule notion : les mesures de longueur, de masse et de capacité. Elle se déclinent en 3 compétences : G.1.1. Estimer des longueurs… G.1.2. Effectuer le mesurage … et G.1.3. Connaitre le sens des préfixes…

Ces 3 compétences se retrouvent donc dans la fiche du diagnostic. Ces exercices proviennent des précédentes épreuves certifications ou non certificatives. L’élève valide ou non la compétence. Le seuil de réussite n’est pas ici indiqué. Je considère généralement que la réussite est à 8/10. Ainsi, Bravo! C’est réussi. L’élève ne doit pas s’entrainer. Je retranscris ses points dans le bulletin (que je dois toujours utiliser pour me conformer à mon école). Si ce n’est pas réussi, l’élève doit alors s’entrainer. L’avantage par rapport à mon ancienne version, c’est qu’il s’entraine uniquement sur la compétence qu’il n’a pas validée!  Par exemple, dans notre exemple, l’élève a réussi G.1.1. et G.1.3.. Il doit alors s’entrainer sur la fiche G.1.2.. Dans le carnet des ceintures, il indique par une croix qu’il a réussi G.1.1. et G.1.3. dans son diagnostic. 

Chaque semaine, je propose à mes élèves entre 5 et 9 heures de travail personnel. Ils sont guidés par le plan de travail pour savoir s’ils doivent s’entrainer, s’évaluer ou remédier.

L’élève doit s’entrainer sur la fiche G.1.2.. Il cherche la fiche photocopiée dans le classeur de grandeurs au fond de la classe.

Il la réalise et se corrige au centre de corrections. Là, je ne change rien, sauf que je propose des fiches d’entrainement photocopiées plutôt que de tout recopier dans un cahier. En effet, cela prenait trop de temps pour les élèves. Quand il a terminé, tout comme avant le diagnostic, il se prépare dans son cahier d’apprentissage pour passer le test quand il se sent prêt. Je propose cependant des échéances à respecter dans le temps. Par exemple, au tableau, j’indique « Les mesures de longueur, masse et capacité » pour le … C’est bien de donner du temps, mais mes précédents élèves n’étaient jamais prêts 😉

L’élève me demande ensuite le test (anciennement le brevet) afin de valider la compétence ciblée. Ici uniquement la G.1.2. Et oui, les autres compétences ont été validées dans le diagnostic! Le test est réussi ou non. S’il le réussit, il indique une croix dans son carnet et moi je copie ses points dans le bulletin. S’il le rate, il passe en remédiation afin de demander un nouvel essai (un autre test). Aucun changement dans cette nouvelle version la concernant. J’indique sur le test le seuil de réussite (toujours +/- 8/10) ainsi que d’autres éléments : « tu dois encore t’entrainer », « tu dois approfondir ton étude » si je constate que l’élève ne s’est pas préparé dans son cahier d’apprentissage et ‘tu dois utiliser la remédiation ». Comme auparavant, les tests non réussis sont gardés par le prof et consultables. Ils sont corrigés en remédiation. Les tests réussis sont donnés quand tous les élèves ont validé les compétences concernées, afin de ne pas susciter du recopiage.

Deux gros tests sont prévus, en français et en mathématiques. Le premier entre la ceinture orange et verte. Le second à la ceinture noire. Ces tests sont prévus pour regrouper toutes les compétences dans une même activité. Le gros défaut des ceintures est le saucissonnage et ces tests en sont une parade.

Pour conclure

Cette version n’a pas encore été testée, mais j’avais déjà envie de vous la présenter. Il est évident que je reviendrai vers vous dans le courant de l’année. J’espère qu’elle intéressera mes élèves!  Quelques profs me demandent si je partage mon travail. J’ai choisi de ne pas le mettre en lien direct à partir de mon site. Je discute avec l’un ou l’autre, et cela nous amène, parfois, à collaborer.  Nous avons aussi un groupe facebook : « personnaliser les apprentissages Belgique ».  N’hésitez donc pas à nous rejoindre! Je suis aussi souvent présent sur Twitter (@latchobxl).

Enfin, je me rapproche très fort du principe de Pipadi. Ce collectif de profs reste une grande source d’inspiration pour moi. Je les remercie infiniment!

 

1  CONNAC S. (2017). Enseigner sans exclure.La pédagogie du Colibri. Paris : ESF éditeur.

 

 

 

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